ETRS Logo

EUROPEAN  TISSUE  REPAIR  SOCIETY

ETRS SCAR MEETING ABSTRACTS

THE PREVENTION OF HYPERTROPHIC SCARS AND KELOIDS BY THE PROPHYLACTIC USE OF TOPICAL SILICONE GEL SHEETS FOLLOWING A SURGICAL PROCEDURE IN AN OFFICE SETTING
Gold M.H., Gold Skin Care Center, Nashville, TN, USA

Topical silicone gel sheeting has been used for over twenty years to help reduce the size of hypertrophic scars and keloids. Clinical efficacy and safety is well-established and will be reviewed. The study undertaken was to determine whether silicone gel sheeting could be used prophylactically following a surgical procedure to prevent scarring. One hundred patients were divided into a low risk group (no history of abnormal scarring) and a high risk group (previous history of abnormal scarring); forty-eight hours following the procedures, one-half of each group received topical silicone gel sheeting; the other group continued routine wound care. Patients were followed for six months. No statistical differences were found in the low risk group but statistical evidence in the high risk group suggests that topical silicone gel sheeting may be useful prophylactically to reduce the incidence of abnormal scarring in susceptible individuals.

THE ROLE OF T LYMPHOCYTES AND CYTOKINES IN POST-BURN HYPERTROPHIC SCARS
Castagnoli C., Stella M., Magliacani G. Department of Plastic Surgery and Burn Unit #8220; Skin Bank #8221; CTO, Turin, Italy

Although the etiopathogenesis of hypertrophic scars (HS) is controversial, immunological factors have been suggested to play a central role in the disruption of the normal process of wound healing and tissue remodelling. Immunohistochemical examination of HS samples reveals a dense infiltration by T lymphocytes; in activated HS (AHS) CD4+ T cells predominate in the dermis as well as in the epidermis whereas CD8+ T cells are less represented.
Activated T cells, 70% of CD4+ present in involved tissue, persist in the scar for a long period of time (months or years) and decline when the clinical features of the scars evolve towards the remission phase. One possible explanation of this phenomenon is the high level of IL-15, a cytokine identified as T cell growth factor and chemoat-tractant for T cells, found in AHS tissue. In addition, IL-15 prevents both cytokine deprivation and activation-induced apoptosis of T cells derived from AHS. Taken together, these findings suggest that IL-15 can be involved in the recruitment, proliferation and apoptosis inhibition of T cells in AHS. Moreover, the functional analysis of T cell clones from dermis and epidermis of AHS showed a polarisation Type 0 -Type 1 producing high IFN-gamma and low IL-4 levels. Central to the immune hypothesis of hypertrophic scar is that some of the T cell- derived cytokines act on keratinocytes and fibroblasts and other cell types to induce changes characteristic of AHS. The presence of several immunological markers, such as IFN gamma re-ceptor, HLA-DR molecules, CD36 antigens on structural cells in AHS it could be explained by the high level of IFN-gamma in involved tissue.
Our findings demonstrate that the activation phase of HS is based on an inflammatory condition of the scar. A pharmacological modulation of these mechanisms could be a further progress in scar therapy.

Work supported by Fondazione Piemontese per gli Studi e le Ricerche sulle Ustioni.

IMPORTANCE DE LA PRÉSENCE DE FIBROBLASTES DANS LES SUBSTITUTS DERMIQUES
Bernard Coulomb, INSERM 532, Institut de Recherche sur la Peau, Hôpital Saint-Louis, Paris

Depuis les années 1975-80, différents modèles de reconstruction cutanée ont été développés, à l'origine aux USA. Ces modèles plus ou moins complets au niveau de leurs composants cellulaires ou matriciels laissaient entrevoir des possibilités pour le remplacement de pertes cutanées (grands brûlés, naevi géants) qui restaient à évaluer. Les solutions actuellement proposées dérivent plus ou moins directement de 4 de ces techniques:

  • Culture de kératinocytes sur une couche nourricière de fibroblastes irradiés aboutissant à la formation de feuillets d'épiderme (Rheiwald et Green, 1975). [Genzyme Tissue Repair]
  • Matrice de collagène et protéoglycanes (acellulaire) recouverte d'une feuille de silastic (Burke et Yannas, 1981) ['Integra®'; Integra LifeSciences Technology]
  • Culture de fibroblastes dans un réseau de collagène aboutissant, après contraction du réseau, à la formation d'un 'derme équivalent' qui peut être recouvert d'une culture de kératinocytes (épiderme) (Bell et Coll, 1981). ['Apligraft®'; Novartis]
  • Culture de fibroblastes sur un réseau de nylon; les fibroblastes synthétisent et déposent leur propre matrice. Ce 'derme équivalent' peut ensuite être recouvert par des kératinocytes. ['Transcyte®'; Advance Tissue Science]

Il est important de distinguer les solutions permettant d'aboutir à un épiderme ou à un derme, chacun de ces tissus ayant des fonctions spécifiques.

Epiderme
Le besoin minimum est de rétablir la barrière cutanée pour éviter la perte hydrique et l'infection. C'est la couche cornée de l'épiderme (différenciation terminale des kératinocytes) qui joue ce rôle.
Seule la technique de Green (feuillets autologues d'épidermes de culture) répond actuellement à ces attentes. Il est en effet possible de produire des feuillets d'épiderme autologue en une quinzaine de jours. Cette technique, lorsqu'elle est bien maîtrisée, et que les équipes chirurgicales et soignantes sont sensibilisées et formées (par exemple: Service des Brûlés de l'hôpital Percy à Clamart; Chef de service: Hervé Carsin) sauve des grands brûlés (plus de 90% de surface corporelle).
Actuellement ces feuillets épidermiques sont fragiles et nécessitent d'être agrafés sur de la gaze avant d'être placés sur le patient. Yann Barrandon (INSERM / ENS) a déve-loppé et validé chez l'homme, dans un essai limité à une dizaine de patients, un support de fibrine pour faciliter la manipulation des greffons (Ronfard et Coll, 2000), tout en préservant le potentiel clonogénique des cellules souches des kératinocytes, un point majeur pour l'évolution à long terme de ces épidermes de culture après la greffe.

Derme
Même si la fonction barrière est jouée par l'épiderme, il existe un consensus pour reconnaître la nécessité de la greffe d'un derme. Il faut alors distinguer entre le bénéfice immédiat (aide à la prise de greffe d'épiderme), où c'est la matrice qui joue un rôle majeur, et le bénéfice à moyen et long terme, où ce sont les fibroblastes qui deviennent plus importants du fait qu'ils participent d'une part à la synthèse et au remodelage de la matrice extracellulaire, et d'autre part à la croissance et à la différenciation épidermique.
Actuellement l'utilisation de peau de cadavre allogén-ique cryopréservée permet d'une part de couvrir le patient durant la préparation des feuillets d'épidermes de culture, et d'autre part de préparer le site de greffe (vascularisation). L'épiderme de culture est greffé après avoir ôté l'épiderme de la peau de cadavre au dermatome. Cette technique (Couno et Coll, 1987) aide à la prise de greffe des feuillets d'épiderme et permet de greffer dans des zones de plis. Dans ces conditions, un néoderme fonctionnel apparaît au bout de 3 à 5 ans (Compton et Coll, 1989). Mais la peau de cadavre cryopréservé fait souvent défaut. Des solutions telles que l'Integra® devraient permettre de compenser ce manque, mais actuellement la prise d'une greffe d'épiderme de culture sur ce produit pose encore des problèmes.
La possibilité de greffer le modèle de Bell (derme et épiderme) a été démontrée dès les années 1980 chez l'animal (Bell et Coll, 1981), mais c'est en France, dans l'Institut de Recherche sur la Peau de Louis Dubertret, que les possibilités d'application à l'homme ont été évaluées (Coulomb et Coll, 1998).
Il se dégage de ce travail :

  • que l'homogénéité de l'épiderme de culture est déterminante pour la qualité 'esthétique' de la greffe. La greffe en un seul temps d'un épiderme et d'un derme ne conduit pas actuellement à des résultats satisfaisants, ou demanderait des temps de culture (et donc d'attente) trop longs pour répondre à l'urgence de la couverture des brûlés.
  • que la greffe d'un derme équivalent (matrice de collagène contractée par des fibroblastes du derme superficiel) permet de préparer le lit de greffe avant la pose d'un feuillet épidermique.
  • mais surtout, que la présence de fibroblastes vivants accélère la réapparition d'un néoderme fonctionnel (moins d'un an). Il est alors possible de retrouver des propriétés mécaniques proches du in vivo (en raison d'une néosynthèse rapide de fibres élastiques), et la jonction dermo-épidermique est normalement ondulée, favorisant la résistance de l'épiderme à l'arrachement.

La présence de fibroblastes sur le site de greffe est un avantage certain. Plusieurs domaines de recherche devraient permettre de préciser les conditions les mieux adaptées à leur utilisation. Il s'agit en particulier:

  • de l'étude de la persistance des fibroblastes allogéniques chez l'homme. Cette persistance existe chez l'animal (Sher et Coll, 1983). Chez l'homme, la greffe de fibroblastes allogéniques ne compromet pas le résultat, mais on ne connaît pas leur devenir (Coulomb et Coll, 1998).
  • de définir des populations fibroblastiques de la peau.
  • d'évaluer la possibilité d'utiliser des cellules souches mésenchymateuses.

Bibliographie

  • Bell E, Ehrlich P, Buttle D, Nakatsuji T. Living tissue formed in vitro and accepted as skin-equivalent tissue of full thickness. Science 1981 211: 1052
  • Burke JF, Yannas IV, Quinby WC, Bondoc CC and Jung WK. Successful use of a physiologically acceptable artificial skin in the treatment of extensive burn injury. Ann Surg 1981 194: 413
  • Compton CC, Gill JF, Bradford DA, Regauer S, Gallico GG and O'Connor NE. Skin regenerated from cultured epithelial autografts on full-thickness burn wounds from six days to five years after grafting. Lab Invest 1989 60: 600
  • Coulomb B, Friteau L, Baruch J, Guilbaud J, Chétien-Marquet B, Glicenstein J, Lebreton-Decoster C, Bell E, Dubertret L. Advantage of the presence of living dermal fibroblasts within in vitro reconstructed skin for grafting in humans. Plast Reconst Surg 1998 101: 1891.
  • Cuono CB, Langdon R, Birchall N, Barttelbort S and McGuire J. Composite autologous-allogenic skin replacement: development and clinical application. Plast Reconst Surgery 1987 80: 626.
  • Leigh IM, Purkis PE, Navsaria HA and Phillips TJ. Treatment of chronic venous ulcers with sheets of cultured allogenic keratinocytes. Br J Dermatol 1987 117: 591.
  • Rheinwald JG, Green H. Serial cultivation of strains of human epidermal keratinocytes: the formation of ke-ratinizing colonies from single cells. Cell 1975 6: 331.
  • Ronfard V et Coll.. Long-term regeneration of human epidermis on third degree burns transplanted with autologous cultured epithelium grown on a fibrin matrix. Transplantation 2000 70: 1588
  • Sher SE, Hull BE, Rosen S, Church D, Friedman L, Bell E. Acceptance of allogeneic fibroblasts in skin equivalent transplants. Transplantation 1983 36: 5052.

CICATRICE NORMALE ET PATHOLOGIQUE ASPECTS FONDAMENTAUX
Alexis Desmoulière, INSERM E9917, Université Victor Segalen, Bordeaux

Au cours des processus de réparation tissulaire, après une phase d'inflammation pendant laquelle les plaquettes sanguines notamment vont libérer de nombreuses cytokines et participer à la mise en place d'une matrice 'provisoire', un tissu de granulation se développe. Ce tissu contient des cellules inflammatoires, des néovaisseaux, et des myofibro-blastes (fibroblastes activés) qui présentent d'une part d'importantes propriétés contractiles générées par les microfilaments d'actine, d'autre part, une forte activité de synthèse qui permet une sécrétion élevée de matrice extracellulaire.

Le tissu de granulation, dans des conditions normales de cicatrisation, disparaît après migration des kératinocytes et reconstruction de l'épiderme, lorsque la plaie est fermée. Une partie de la matrice extracellulaire est digérée par des protéases et une réduction importante de la cellularité est également observée: les cellules du tissu de granulation, fibroblastes, myofibroblastes et cellules vasculaires meurent par apoptose. Les facteurs qui participent à la régulation (positive ou négative) de l'apoptose restent à préciser. Cependant, une apoptose massive est observée expérimen-talement lorsque le tissu de granulation est recouvert par un lambeau de peau totale: ce modèle nous a permis de préciser certains mécanismes. Il est probable que le processus d'apoptose est inhibé dans les situations patho-logiques où le myofibroblaste représente la principale composante cellulaire: (1) les cicatrices hypertrophiques et les fibroses d'organe, (2) les fibromatoses (maladie de Dupuytren et scléroderme), et (3) la réaction stromale aux tumeurs.

In vitro (dans des conditions microenvironnementales anormales), les fibroblastes isolés à partir de tissu sain acquièrent différentes caractéristiques myofibroblastiques; cela permet l'études des facteurs impliqués dans la dif-férenciation myofibroblastique et la cicatrisation. Différ-entes cytokines, facteurs de croissance, ou substances pharmacologiques ont donc été précisément étudiés: le transforming growth factor-b1, le granulocyte-macrophage colony-stimulating factor, l'interféron-g, la pentoxifylline, et le trans-resvératrol notamment.
Au niveau de la peau, deux situations pathologiques de cicatrisation excessive, cicatrice hypertrophique ou cicatrice chéloïde, peuvent être observées. Les caractéris-tiques histologiques de ces deux pathologies sont fonda-mentalement différentes, les cicatrices hypertrophiques contenant des myofibroblastes contrairement aux cicatrices chéloïdes qui n'en contiennent pas et ne développent donc pas de rétraction. Le maintien des cellules myofibro-blastiques après la cicatrisation est un élément défavorable qui vraisemblablement conduira au développement d'une cicatrice hypertrophique. De plus, des observations ont été faites qui permettent de penser que des contraintes mécaniques modifient la biologie des fibroblastes et des myofibroblastes. Des facteurs solubles et mécaniques (immobilisation et compression précoce) peuvent donc agir sur l'évolution du tissu de granulation et interférer avec le développement des cicatrices hypertrophiques. Toutes ces données doivent être prises en compte pour rechercher des traitements agissant spécifiquement sur les cellules impli-quées dans la cicatrisation normale et le développement des cicatrices hypertrophiques à l'origine des rétractions.

< Return to Previous Page
Page 2 of 5
Continue to Page 3 >


© European Tissue Repair Society
Contact Us

Designed by the eDoodle group